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Henna
MAY
Contrastes et intuition
Sinistrée
(Henna
MAY - Henna MAY/Gérard GABBAY)
Fille
de contrastes, Henna May conjugue l'énergie du rock et de
la variété anglo-américaine qu'elle a beaucoup
écoutés avec une voix encline à la ballade,
qui se colore volontiers de rifs de guitares saturées. Si
elle glisse "Le poinçonneur des Lilas" entre ses
propres titres, n'y voyez aucun hasard (elle adore Paris et son
20ème arrondissement natal), mais n'attendez pas une vague
copie de l'original : le phrasé un rien lancinant, elle revisite
le tube de Gainsbourg avec un regard et un son made in 2002 qui
décoiffent. Idem pour son propre hymne à l'amour-à
la mort ("La Toussaint"), où elle détourne
cette fois-ci l'enfantin "Colchique" en un obsédant
leitmotiv.
En
fait, Henna, qui signe la plupart de ses paroles et musiques, marche
d'abord à l'intuition. Ses mélodies naissent "instantanément
à partir des mots", tracent leur sillon et lui restent
en mémoire. C'est qu'à ses yeux, le chant demeure
"le langage de l'âme" et son intérêt
pour la chanson "une question d'appréhension de la vie,
plutôt d'ordre métaphysique". Titulaire d'un Deug
de Philo, elle a étudié le russe et l'anglais et écrit
plusieurs de ses chansons dans cette langue. C'est comme choriste
dans un groupe qu'elle venue à la chanson. Pour son concert
résolument rock, elle prévient : "J'aime être
là où on ne m'attend pas !" Vous voilà
prévenus !
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