| Pierre
Suppa
Inimitable séducteur
Quand
tu t'en vas (Elise Monbellet - Pierre Suppa / Pierre Suppa -
Gérard Gabbay - Geoffrey Bouthors)
La
parole facile, la taille haute, la silhouette élégante et élancée,
Pierre affecte un jeu de séduction à la Julien Clerc, auquel il
fait penser curieusement dès sa voix parlée. S'il a signé l'essentiel
de ses mélodies (assorties d'arrangements des infatigables Gérard
Gabbay et Michel Goubin), c'est moins par un style musical que par
le profil d'un personnage qu'il établit une cohérence. Pour ce faire,
il a discuté longuement des thèmes, des mots précis, de l'ambiance
de chaque chanson avec ses auteurs, en particulier avec Elise Belmont,
« sa collègue » de promo, qui lui en a écrites trois.
Lui,
on l'aura noté, son domaine c'est la scène ; il suffit qu'il promène
sa prestance de dandy sympathique en claquant des doigts et toute
la salle l'imite, un comble, pour un loustic qui a longtemps pratiqué
cet exercice (« l'imitation chantée »), avant d'éprouver le besoin
de « se découvrir », au sens plein du terme. « Je te fais mon numéro
/ Mais c'est moi qui te rappelle », chante-t-il en clin d'oil. C'est
gentil. Elles fondent. Tout baigne. Ce qu'il cherche surtout, c'est
« du bonheur ».
Daniel
PANTCHENKO
|