lettre à Roger

Une grande tristesse s’est abattue sur la Manufacture Chanson. Nous invitons toutes les personnes qui l’ont connu, à partager un petit souvenir de Roger en commentaire de cet article. Nous adresserons l’ensemble des messages reçus à ses proches.
Roger GOUPIL est décédé, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 avril 2026, suite à une grave maladie.
Il était producteur de spectacle indépendant depuis le début des années 80. Il a également été membre du collectif de direction, administrateur et président de la Manufacture Chanson durant plus de 10 ans. C’était notre ami et l’ami des tous les artistes.
Merci à Véronique Gain (artiste également associée à l’histoire de la Manufacture Chanson qui nous a fait rencontrer Roger), de nous partager ces quelques mots émouvants et tellement justes :
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Lettre à Roger,
On se doit pour traverser nos vies de leur donner un sens qui n’appartient qu’à nous-même.
Roger Goupil a été producteur, tourneur, administrateur dans notre monde du spectacle avec un truc en plus : La joie d’aider quelques centaines d’entre nous à vivre ce métier le plus sereinement possible et cela dans la Liberté d’expression.
Nous sommes beaucoup à lui devoir nos tournées, nos albums et nos intermittences.
Ne donnant des conseils que lorsqu’on lui demandait et prêtant son oreille à nos parcours chaotiques, comme un ancien instituteur, il prenait soin du troupeau et il a aidé à se construire, à s’instruire tous ceux qui lui ont demandé son aide.
Se ressourçant sous les ailes de son ange Dorothée, de ses enfants et de son potager.
Merci Roger de nous avoir protégé jusqu’à ton dernier souffle
Merci d’avoir porté la Chanson Française même quand les vents ont tourné.
Merci d’avoir tenu le Cap,
Merci de nous avoir fait pousser,
J’espère qu’où tu es il y a des potagers,
Aujourd’hui c’est nous qui t’applaudissons.
Véronique Gain
www.veroniquegain.com
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Roger c’était le calme dans la tempête et une faculté de saisir les gens juste par leur façon de répondre à un mail…
Je lui dois beaucoup humainement et professionnellement et dans les deux cas ça va pas être simple de continuer à faire ce métier là sans lui.
Je voyageais et travaillais au moment des obsèques de Roger.
J’ai eu une pensée pour toi Roger, pour tes proches, pour vous tous de la manufacture.
Et un grand pincement au coeur lorsque j’ai appris le départ de Roger.
Toi que je n’ai jamais rencontré et avec qui j’ai échangé au fil des années essentiellement par téléphone ou par mail. L’impression pourtant de bien te connaître tant tu as toujours été présent pour répondre à mes questions, pour me conseiller, sans jugement malgré mes oublis dus à ce cerveau en arborescence. et d’une générosité jusqu’au bout dans l’espace que tu pouvais m’accorder et dans l’entre aide.
je n’oublierai jamais cela et en suis encore très touchée. je remercie la vie de m’avoir permise de croiser ton chemin et de travailler avec toi toutes ces années.
Merci à la manufacture chanson aussi , à vous pour cette belle rencontre.
C’est avec émotion que j’écris ces mots.
Alors de tout coeur avec vous tous . Une douce pensée pour tous
Merci Roger!
Toujours discret et efficace.
Je t’ai rencontré à la manufacture chanson il y a plus de 25 ans et tu es toujours resté proche de mes activités.
Je n’ai jamais eu la joie de voir ton potager, mais à chaque coup de fil, tu m’en parlais, été comme hiver, à distance, je voyais pousser tes légumes.
Et c’est peut-être cela que tu faisais si bien :
faire grandir.
Patiemment, sans bruit, tu as aidé tant d’artistes à éclore, leur laissant l’espace d’être musiciens, libérés du reste.
Merci pour cette présence fidèle,
et pour tout ce que tu as fait grandir.
Oups j’suis en galère…je ne vais pas boucler l’intermittence… Appelle Roger…
Ok…et ce coup d’pouce s’est transformé en coup de main puis en coup d’cœur, pour moi, mon neveu, mes amis, les artistes en galère. Allo Roger… Est ce que tu pourrais.. oui pas d’souci.. mais j’ai pas fini la phrase.. ok d’accord. Ce gars là sentait bon la liberté, le droit sans faux semblant, sans peur malgré les vents contraires. Je ne voulais pas le déranger et.lui m’arrangeait tout, toujours..Je lui dois énormément. Mon statut, ma retraite. Un exemple de liberté, un pirate humaniste…Bon, je l’avais perdu de vue mais je le retrouve intact dans tous vos mots, vos témoignages. je te souhaite un merveilleux voyage Roger. Je suis sûr que tout là haut tu vas régler vite fait l’administratif déclinant du grand barbu et qu’il va enfin pouvoir nous refaire rêver, ranimer l’espoir et retrouver un statut plus digne pour l’éternité. Merci pour tout RogerJ’entends ta voix, ton rire et ils me font toujours du bien..Une pensée pour ta famille. Alain
Roger mon frère adoré tu es parti rejoindre maman et papa(s). Tu étais toujours là pour m’écouter et me conseiller. Ma vie ne sera plus là même, les regrets vont surgir car je ne pourrai plus jamais te revoir et c’est une grande souffrance. La vie t’arrache les êtres chers et tu t’aperçois que tu n’as pas eu le temps de tout dire. Tu pars aujourd’hui pour ton dernier voyage et je suivrai ton étoile. Je pense à tes enfants, à Dorothée et je leur souhaite le meilleur dans leur vie comme tu l’aurais souhaité. Je t’aime mon frère on se retrouve un jour. Jocelyne
Nous sommes en 1997, chez Anouk et Hervé, à la Courneuve. Le futur collectif de direction est réuni (Olenka, Véro, Gérard, Laurent, Michel et donc Anouk, Hervé et moi [Anne-Claire arrivera un peu plus tard dans le collectif]).
La Manufacture Chanson n’existe pas encore. Christian Dente et l’ancienne équipe des Atelier Chanson de Paris nous ont proposé de poursuivre l’aventure. Sacré Challenge ! On aimerait tant, mais, nous ne nous sentons pas légitime. A part écrire des chansons, nous ne savons rien faire. Aucun d’entre nous n’a la moindre idée de comment on peut gérer une structure.
Nous faisons un tour de table d’inventaire de nos compétences : « moi, je peux faire des photocopies » « et moi je peux surtout faire des photocopies » « Moi aussi, je sais faire les photocopies » Et toi Gérard ? « bah moi, la seule chose que je me vois faire, c’est des photocopies » et Hervé dit « Moi, j’adore les photocopies ! Elle sonne bien ma guitare, non ? », « … », etc.
Nous n’étions pas rendus. Nous allions juste dévaster la forêt française avec nos photocopies. Quand soudain, Véro ou Laurent ont eu un éclair de génie : « Et si on demandait à Roger de rejoindre le collectif pour toute la partie admin ? »
Evidemment, Roger, comme il l’a fait tant de fois, quasiment tous les jours, durant plus de 10 ans ensuite, a répondu « Ha oui, d’accord, pas de souci »
Alors les Ateliers Chanson de Paris sont devenus la Manufacture Chanson et, tous les jours, j’avais Roger au téléphone pour lui poser mille et un problèmes, tous aussi tordus les uns que les autres et Roger, tranquille me répondait : « Ha oui, d’accord, pas de souci, on va faire comme-ci ou comme ça » et on faisait comme-ci ou comme ça.
Parfois, je lui disais, « Mais Roger, tu es sûr que ça va marcher ? », il me répondait « Ha oui, d’accord, pas de souci, ça va marcher » et ça roulait toujours et le collectif (enfin surtout moi !) était rassuré et on inventait plein de nouveaux machins pour faire une belle Manufacture Chanson, humaine et pleine de chansons.
Merci à toi Roger, tu nous as tant apporté, avec tant d’humilité,
Et j’ai également beaucoup de pensées pour Dorothée et tes enfants.
Mon cher Roger
Tant de souvenirs depuis le début des années 90. En vrac et dans le désordre tu m’as accompagné dans tellement de projets:3 albums, les francos de La Rochelle, 2 européens, beaucoup de concerts, quelques afters à la cloche d’or ou chez Ali.
Tu as accompagné tellement d’artistes , des plus modestes comme moi jusqu’aux Restas , Ferré , Maurane, Les innos etc…
Tu connaissais le show biz mais tu n’en faisais pas partie, je crois même que tu ne l’aimais pas, que tu t’en méfiais comme de la peste , tellement ta franchise était drapée de liberté et d’insoumission.
Lorsque j’ai eu la chance de côtoyer un peu la famille de Léo Ferré , tu m’as demandé de passer ton bon souvenir à Maria , ce que j’ai fais , elle eu alors un rictus bienveillant dans l’œil , me disant, on aimait bien Roger avec Léo. Ça veut tout dire ….
Aujourd’hui, je chante les chansons de Claude Nougaro, premier artiste avec qui tu as collaboré je crois . Cela m’émeut . Je te dédierais les prochains concerts .
Tu vas me manquer
Je t’embrasse tendrement.
« Je la chante et, dès lors , miracles des voyelles , il semble que la mort est la sœur de l’amour »(Caussimon/Ferre)
Roger était mon oncle.
C’est fou de découvrir son lien avec la Manufacture après m’y être rendu souvent (concerts, scènes ouvertes, rencontres)…
C’est son rire et sa gouaille qui me restent en mémoire…
Merci pour cet article.
C’est Roger qui m’a passé la main à la Manu pour faire les paies, remplir un congé spectacle, faire une déclaration SACEM, calculer la taxe sur les spectacles ou encore demander un numéro d’objet. Je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois que j’en crée un, encore aujourd’hui, je pense à Roger au moment précis de cliquer sur « spectacle vivant privé ». Je ne sais pas pourquoi, et je me suis souvent posé la question, pourquoi ce petit choix me rappelle toujours Roger…A l’époque il remplissait tout à la main, patient, doux et fiable, jamais d’erreur…C’est l’image que j’ai et que je garderai de lui.
A une prochaine Roger et merci…